Chapitre 1: Pattes de hérisson.


— Ahhh, s'écria Ponpon devant l'arbre de son jardin.
Sa mère sortie de la maison paniquée et rejoignit Ponpon devant l'arbre.
— Qu'est-ce qu'il y a Ponpon ?!
— C'est Raymond ! Il est encore grimpé dans l'arbre !
— Encore ! Faudra vraiment que tu me dises comment il fait Ponpon.
— Maiiis j'te l'ai diiit ! C'est avec ses pattes de hérisson là !


Voyant que sa mère n'avait pas l'air convaincue, Ponpon essaya de détourner le sujet de comment Raymond s'était retrouvé dans l'arbre en rappelant l'urgence de la situation.
— Maman, maman ! Faut sauver Raymonnnd !
La mère de Ponpon prit un instant pour réfléchir.
— Oh je sais, dit la mère de Ponpon avant de partir vers le garage et de revenir avec un filet à papillon. On va l'attraper avec ça !
— Un filet à papillon ?
— Mhm !
La mère de Ponpon posa le filet sur Raymond et l'attrapa sous le regard fasciné de Ponpon avant de le poser dans l'herbe.
— Raymonnnd !
— Ca m'a donné faim tout ça, pas toi Ponpon ?
— Si !
Ponpon et sa mère (et Raymond aussi !) rentrèrent manger.


Ponpon remplit la gamelle de Raymond et installa la table pendant que sa mère faisait réchauffer le reste d'hier soir.
— Tu me passes ton bol Ponpon ?
— Tout de suite, répondit Ponpon avant de tendre son bol à sa mère. Cette dernière remplit le bol de Ponpon de soupe à l'oignon avant de se servir un bol à son tour et de venir s'installer à table.
— Alors Ponpon, tu te sens comment pour cette rentrée ?
— J'ai trop hâte !
Et oui ! Parce que cette aprèm c'était la rentrée pour Ponpon, elle faisait sa première année en études d'art dans l'université de sa ville, l'université Jean-Jacobin. Mais laissons Ponpon en dire plus à ce sujet.
— [...] et là y a une météorite qui tombe *prouachh* et y avait l'autre qui laissait un laser !


Hmm... il n'aura fallu que quelques secondes à Ponpon pour commencer à divaguer et que la conversation devienne incompréhensible. Et si on parlait de Raymond, l'ami à pique de Ponpon. Peut-être qu'après cela la conversation va se dénouer et on pourra suivre à nouveau ce qu'il se dit.


J'vous explique, Raymond c'est un giga squatteur. Ponpon elle a un compost vous voyez, et du coup Raymond, ce gros gourmand il venait se délécter de toutes les bonnes choses que le composte avait à apporter.


Puis un jour Ponpon en allant vider le composte, elle vit Raymond. Elle le prit dans ses mains et dit "Toi je vais t'appeller Raymond !". Elle lui avait donné un nom random qu'elle trouvait drôle juste parce que ça rimait. Depuis, Raymond vivait chez Ponpon rent free.


Oh ? Ponpon s'est levée en regardant frénétiquement par la fenêtre avec les mains sur la tête. Ok, retournons un peu en arrière voir ce qui se passe.


— [...] et là y a une météorite qui tombe *prouachh* et y avait l'autre qui laissait un laser !
— Et t'as réussi à t'en sortir ?
— Oui mais c'était moins une !
Ponpon vit passer quelque chose par la fenêtre derrière sa mère. C'était le bus pour l'université !
— Ahhhh, cria Ponpon. Le bus pour l'uni, dit-t-elle avant de se précipiter vers son sac à dos grenouille qu'elle n'a pas changé depuis la primaire.


— A ce soir maman, dit Ponpon avant de se ruer vers la porte et sortir en faisant des grands gêstes au conducteur du bus.
Heureuseument, ce dernier vit Ponpon et s'arrêta. Elle entra dans le bus et s'assit à la première place qu'elle vit et posa son sac sur ses genoux.


— J'aime bien ton sac, dit la fille assise à côté de Ponpon sur un ton très calme.
— Merci ! Toi aussi tu vas à Jean-Jacobin ?
— Mhm, dit la fille inconnue en hochant la tête. Elle baissa les yeux et regarda le sac de Ponpon et dit, Ponpon ?
— Ahhhh ! Comment tu saiiiis ?! Tu lis dans les pensées ou quoi ?
— Je lisais juste ce qu'il y avait écrit sur ton sac, dit la fille inconnue en pointant du doigt l'endroit en question.
— Ahh ! Oui oui oui, dit Ponpon une main derrière la tête. Ca se prononce ponne ponne. Et toi c'est comment ?
— Moi c'est Julie.
— Peut-être qu'on sera dans la même classe Julie !
— Mhm.
Julie sortie un bouquin de son sac et commença à lire.
— Oh ? Tu lis quoi, demanda Ponpon.
— *Zurich International Chess Tournament, 1953*
— Et ça parle de quoi ?
Ponpon se pencha sur le bouquin pour essayer d'en savoir un peu plus, mais ce vit que des arrangement de lettres et de chiffres incompréhenssibles, c6, Nc6, xg4, Rxg4.
— Ca parle du plus grand tournoi d'échecs de tous les temps.
— D'échecs, se demanda Ponpon intriguée. Ponpon connaissait l'existe des échecs mais n'en savait pas plus que ça sur ce sujet.
— Mhm.
— Et heu ça consiste en quoi ?
Julie ferma son bonquin et forma un arc-en-ciel avec ses mains.
— Les échecs c'est une grande bataille, entre toi et ton adversaire. Où le but est d'établir des stratégies pour gagner.
Julie sembla d'un coup intriguée par ce qu'il y avait derrière la fenêtre qui se trouvait à l'opposé, derrière Ponpon.
— Owa ! Comme dans *Fractal Block World* ! L'autre fois j'étais dans la fleur noire et y avait au moins [...].
— Ponpon, dit Julie pendant que Ponpon parlait de *Fractal Block World*. — [...] 14 rats mineurs qui m'ont attaquée !
— Ponpon.
— J'en avait jamais- huh, Ponpon s'arrêta.
— C'est pas l'université là bas, dit Julie en pointant du doigt l'université qui s'éloignait par la fenêtre.
— Ahhhh ! Si si si, s'écria Ponpon avant de se précipiter vers la fenêtre en question malgré la présence de gens et de regarder l'université s'égloigner. Julie regardait Ponpon de loin, toujours assise à sa place avant que Ponpon revienne s'asseoir elle aussi.
— Pas grave ! On aura le prochain arrêt, dit Ponpon, oh Julie ! Je t'ai parlé de Raymond ?


Julie et Ponpon arrivèrent éssoufflées devant l'université. C'est la phrase que j'aurais dit si Julie était éssoufflée elle aussi. La phrase correcte serait plutôt que Ponpon est arrivée éssoufflée devant l'université, avec Julie parfaitement en forme à ses côtés, trônant sur son overboard.


Julie descendit de son hoverboard, le plia et le rangea dans son sac avant de se diriger vers l'université. Elle s'arrêta et se tourna vers Ponpon.
— Tu viens Ponpon, demanda Julie à Ponpon toujours essoufflée.
— J'ar... rive ! J'arrive, dit Ponpon avant de rejoindre Julie.
Julie et Ponpon se dirigèrent vers l'université.
— Deux fois... On a raté l'arrêt deux fois..., dit Ponpon.
— Mhm.
Ponpon se tourna vers Julie et mit ses mains l'une contre l'autre en baissant la tête.
— Désolée de t'avoir mise en retard, elle releva la tête et continua, quand je parle de Raymond je ne peux plus m'arrêter !
— T'inquiètes pas Ponpon, on est arrivé maintenant.
— Alors, tu m'en veux pas ?
— T'en vouloir ? J'ai passé un bon moment, c'est ce qui compte pour moi, dit Julie avant de se retourner vers l'université et de continuer sa marche telle la chad qu'elle est.
— Un bon moment ? Ca veut dire qu'on est amies, pensa Ponpon à voix haute avant de se précipiter faire un câlin surpise à Julie.


Ponpon et Julie entrèrent dans l'université. Devant elles, une jeune femme à peine plus âgée qu'elles se tenait à l'accueil.
— Bonjour, dit la jeune femme avant de remarquer les sacs dans le dos de Ponpon et Julie, oh ? Vous êtes étudiantes ?
— Oui, répondit Ponpon avec beaucoup d'entrain.
— Vous êtes en retard ! Dépêchez vous ! Allez chercher votre prénoms sur les panneaux là bas pour savoir dans quelle classe vous êtes, dit la femme de l'accueil en pointant les panneaux en question du doigt.
— Oh, d'accord ! Merci, dit Ponpon en se précipitant vers les panneaux accompagnée de Julie.


Elles commencèrent à chercher leur noms sur les panneaux.
— Trouvé, dit Julie à peine arrivée devant les panneaux.
— Déjà ?!, répondit Ponpon choquée.
— Mhm.
— Mais... Comment ?!
— Les prénoms sont rangés par ordre alphabétique.
— Je... oui. Ca fait sens, dit Ponpon une main sur le menton. Oh, on est dans la même classe ?
Julie chercha dans les prénoms de sa classe.
— Heuu... nan on dirait pas.
— Ehhh... pas grave ! On pourra toujours se voir pendant les pauses !
— Mhm.


Ponpon continua de chercher son prénom parmi les panneaux avant d'arriver au bout du dernier panneau. Julie regarda Ponpon intriguée.
— Attends, attends ! Je dois l'avoir loupé; dit Ponpon avant de recommencer sa recherche depuis le début.
— Tu t'es bien inscrite ?


Ponpon baissa la tête, la phrase de Julie resonnant dans sa tête, pendant qu'elle se rememorait toute les fois où sa mère lui a dit de s'inscrire tels des souvenirs de guerre. "Tu as bien pensé à t'inscrire pour l'université Ponpon ?" lui avait dit sa mère. "Je le ferais demain !" avait-t-elle dit alors qu'elle était dans le jardin avec Raymond le hérisson. "Oublie pas de t'inscrire pour l'uni Ponpon." lui avait à nouveau dit sa mère. "Oui oui ! Demain !" avait elle à nouveau répondue alors qu'elle jouait à *Fractal Block World*.


Ponpon se dématerialisa de l'espace et du temps et réapparut allongée au sol. Julie regarda Ponpon. "Ca va ?" demanda-t-elle. Ponpon ne répondit pas, elle était comme paralysée. Julie passa sa main devant son visage avant de se rappeler qu'elle était en retard en regardant vers les escaliers. "Je dois y aller Ponpon." dit Julie. Elle sortit un feutre noir de son sac et écrivit sur la main de Ponpon. "Tiens ça c'est mon Skype. On se voit ce soir si tu veux." dit Julie avant de partir rejoindre sa classe.